Le logement dans la campagne électorale : grand enjeu, petits débats
«Une campagne électorale n'est pas le moment de discuter de choses sérieuses». Cette déclaration de la première ministre Kim Campell lors de l'élection fédérale de 1993 semble être prémonitoire de la présente élection provinciale québécoise.
Alors que la question de l'abordabilité du logement est au cœur des préoccupations des électeurs, comme le démontrent plusieurs sondages depuis des mois, les propositions électorales des partis politiques sont peu évoquées et confrontées. Cette question semble trop sérieuse pour débattre des solutions proposées pour s'attaquer à la crise par les partis.
Pourtant, les organisations de défense des droits des locataires et du droit au logement interpellent les acteurs politiques et médiatiques sans relâche depuis le début de la campagne. Un immeuble délabré du sud-ouest de Montréal a été occupé pour rappeler les revendications de la Coalition contre le logement cher (COLOC): contrôle des loyers, le développement massif du logement social (HLM, coopératives et OSBL d'habitation) et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés du Québec.
Peu d'analyses ont jusqu'ici mesuré la distance entre ces revendications et les propositions faites par les partis. C'est ce que je souhaite faire ici. Membre du Collectif de recherche et d'action sur l'habitat (CRACH), mes recherches portent sur les politiques du logement, les droits des locataires et les inégalités sociales liées à l'habitation au Québec.
Code du bâtiment et offre du logement
La majorité des partis en lice propose des mesures et reconnaît, à des degrés divers, les difficultés........
