Crise climatique : jusqu’où la population tolère‑t‑elle la contestation ?
Face à la crise climatique, les manifestations qu’on voit se multiplier comprennent de plus en plus d’actions radicales. Mais ont-elles l’adhésion de la population ?
Les dernières années ont été le théâtre d’une intensification à la fois de la crise climatique et de l’activisme écologiste. Dans une situation marquée par l’aggravation de plus en plus visible des catastrophes environnementales, une frange du mouvement écologiste, au Canada comme ailleurs en Occident, a recours à de nouveaux moyens souvent dérangeants, perturbateurs et radicaux pour faire pression contre l’inaction des gouvernements.
Il y a plusieurs exemples récents de tels gestes. En février 2020, des manifestants autochtones ont bloqué des voies ferrées un peu partout au pays, en solidarité avec l’opposition du peuple Wet’suwet’en au pipeline Coastal GasLink. En octobre 2024, des membres du collectif Antigone ont bloqué le pont Jacques-Cartier, à Montréal, afin d’alerter la population à l’urgence climatique et de provoquer un débat public. Et, autant à Nanaimo et Vancouver en 2022 qu’à Montréal en juillet 2024 et juin 2025, des militants ont stoppé le trafic automobile en se collant à la route, dans l’espoir de forcer l’attention du public sur la crise écologique.
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Cette tendance s’accompagne d’un débat de fond sur le rôle de la contestation en démocratie et sur la justification de telles actions dérangeantes. Mais cette question, essentielle, en contient une autre, dont la portée démocratique est tout aussi cruciale : la population canadienne tolère-t-elle ces formes d’activisme plus radicales comme moyens de pression politique ?
Un seuil clair : la violence
La réponse à cette........
