États-Unis: comment évolueront les indices boursiers après les élections de mi-mandat?
Le 11 mai j’écrivais une analyse sur les élections de mi-mandat et les conséquences politiques et économiques. Aujourd’hui, je m’attarde sur l’évolution des indices en fonction de la potentielle configuration du Congrès en novembre prochain.
Car, derrière le vacarme électoral, les marchés cherchent moins le vainqueur que le degré de liberté (ou de blocage) dont disposera la Maison-Blanche au lendemain du scrutin. Et dans cette histoire, les statistiques électorales sont souvent moins rassurantes que la réaction des marchés après le dépouillement. Synthèse et analyse.
Les élections de mi-mandat américaines auront lieu le 3 novembre prochain et remettront en jeu les 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi qu’une partie du Sénat.
Les républicains contrôlent aujourd’hui la Maison-Blanche et les deux chambres, mais avec des majorités suffisamment étroites pour qu’un basculement de la Chambre reste le scénario le plus suivi par les investisseurs.
Les démocrates n’auraient besoin que de quelques gains nets pour reprendre la Chambre, tandis que la conquête du Sénat exigerait un résultat beaucoup plus ambitieux.
Les sondages, les marchés de prédiction et les travaux de plusieurs banques convergent vers une hypothèse centrale : une Chambre démocrate et un Sénat républicain. Ce scénario n’est pas spectaculaire, il est même terriblement classique dans l’histoire américaine.
Le parti du président perd traditionnellement des sièges à mi-mandat, et ce mouvement s’est produit lors de 20 des 23 derniers scrutins de ce type.
Mais les marchés ne valorisent pas la démocratie en tant que telle. Il s’intéresse à une question beaucoup plus froide : quel résultat modifiera les bénéfices, les taux, les déficits, les règles du jeu et la capacité de l’administration à agir ? La réponse est rarement aussi simple que « républicains haussiers, démocrates baissiers ».
L’Histoire montre même que les actions ont progressé sous presque toutes les configurations politiques. Le véritable sujet n’est donc pas de savoir quel parti sera célébré le soir de l’élection, mais quelle incertitude disparaîtra le lendemain.
L’année des mi-mandats n’est pas une année comme les autres
Les années de mi-mandat ont historiquement été les plus inconfortables du cycle présidentiel pour les investisseurs. Depuis 1937, le S&P 500 a affiché un rendement moyen de 9,2% lors des années d’élections de mi-mandat, contre 13,3% lors des autres années. Ce n’est pas catastrophique, mais c’est sensiblement moins généreux.
La raison est simple : l’investisseur déteste le vide, et une élection crée toujours quelques mois de brouillard.
Avant le scrutin, les entreprises hésitent, les investisseurs retardent certaines décisions et les marchés tentent de deviner quelles promesses survivront au vote. La volatilité monte alors que personne ne sait encore précisément ce qui doit être valorisé.
Mais attention au piège statistique : les grands reculs de 2018 et de 2022 n’ont pas été provoqués par les élections.
En 2018, la Fed remontait ses taux et resserrait les conditions financières, en 2022, elle répondait à une inflation hors de contrôle.
En 2002, l’économie et les marchés digéraient encore l’éclatement de la bulle Internet. Les élections de mi-mandat étaient sur la scène, mais le véritable meurtrier se trouvait ailleurs : les taux, les profits ou une récession.
Une élection agit généralement comme un facteur d’amplification des déséquilibres existants plutôt que comme leur cause initiale. Les marchés ne baissent pas parce qu’il y a des urnes. Ils baissent lorsque les bénéfices se dérobent ou lorsque le prix de l’argent devient trop élevé (n’hésitez pas à me demander mon étude sur la question).
Après l’élection, la mécanique s’inverse
Le paradoxe historique est assez saisissant. Les........
