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S’écarter

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12.06.2026

La forêt me sauve depuis toujours. Jadis, d’une compagnie où je me sentais étranger. Aujourd’hui, d’une époque entière qui me fait le même effet.

Comme plusieurs d’entre vous, je ressens un large et profond désarroi où se mêlent anxiété, sentiment d’impuissance, colère qui, ensemble, mettent la table pour un constant besoin d’être diverti. Nous sommes, depuis plus d’un siècle, bombardés d’informations désordonnées, de publicités, de propagande et des plus changeantes injonctions. L’industrie du numérique est à présent la pièce maîtresse de cette machine à rendre fou ; succube omniprésent, elle s’abreuve de notre attention et donc, de notre conscience. Le paradis virtuel qu’elle propose nous éloigne les uns des autres et, de ce fait, c’est elle qui devient notre principal fournisseur de liens humains ; une boucle bien vicieuse s’en trouve ainsi bouclée.

Nous nourrissons de nos données ce grand élevage, ferme modèle où broutent nos avatars dans une existence simulée. Les propriétaires du domaine nous espionnent et nous sollicitent perpétuellement : notre avis, nos goûts, nos dégoûts, nos choix, nos hésitations, nos rythmes, nos lieux, nos trajets, nos révoltes numérisées, tout, tout de notre réalité leur est fourrage et contribution. On en vient à regretter l’ère de ces médias qui se disaient grands, malgré leur sensationnalisme et leurs publicités assommantes ; il était plus simple de s’en prémunir.

Aujourd’hui, l’informe information suinte à travers nos........

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