Avec « Jumpers », Pixar mise sur la complexité de la nature — et sur la diversité des voix
Animaux qui se mangent entre eux, humains ni totalement bons ni totalement mauvais : avec Jumpers, Pixar s’éloigne du manichéisme habituel de l’animation occidentale. Le film propose une vision plus réaliste — et plus complexe — de notre relation à la nature.
Le nouveau film de Pixar, Jumpers (Hoppers en VO), suit Mabel Tanaka, une jeune écologiste qui a grandi en explorant une clairière forestière avec sa grand-mère. Lorsque le maire de la ville de Beaverton annonce un projet de destruction de la clairière pour construire une nouvelle autoroute, les tentatives de Mabel pour l’en empêcher restent sans effet. Jusqu’au jour où elle découvre un laboratoire universitaire secret.
Dans ce laboratoire, des scientifiques ont mis au point une technologie capable de transférer la conscience humaine dans des animaux robotisés très réalistes, permettant aux humains de faire l’expérience du monde du point de vue d’un animal. Mabel (Piper Curda en VO, Mallory Wanecque en VF) s’incarne alors dans un castor robotique afin de mobiliser les animaux de la clairière. Mais ce qu’elle y découvre — un monde régi par ses propres règles complexes de coexistence — s’avère bien plus compliqué qu’elle ne l’avait imaginé.
Dix-sept ans après « Wall-E »
La phrase centrale du film est prononcée par Grand-mère Tanaka (Karen Huie en VO, Françoise Vallon en VF) alors qu’elle est assise tranquillement dans la nature avec Mabel : « « Il est difficile d’être en colère quand on a le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand. » (« It’s hard to be mad when you feel like you’re part of something big »). Une réplique simple qui ancre l’ensemble des valeurs morales du film.
Jumpers arrive 17 ans après Wall-E, le dernier film de Pixar à thématique environnementale explicite. Traditionnellement, l’animation grand public occidentale a plutôt privilégié une sentimentalité anthropomorphique au........
