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Mgr Erik Varden, prédicateur de Léon XIV : « Le pape touche les cœurs parce qu’il est vrai »

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12.10.2026

Moine trappiste, évêque de Trondheim en Norvège, Erik Varden a été choisi pour une mission privilégiée et recherchée : prêcher la retraite de carême cette année au Vatican devant le pape Léon XIV et les cardinaux de la curie romaine. Les éditions Artège ont eu la bonne idée de publier le texte de ces méditations sous un titre énigmatique et splendide, Illuminés d’une gloire cachée.

Dans un restaurant parisien, où il était de passage pour deux jours juste après le voyage du pape, nous avons pu nous entretenir avec ce prélat venu du nord, qui monte au sein de l’Église catholique. Cet évêque de 52 ans, aux yeux pétillants d’intelligence et au rire communicatif, est né dans un village de la campagne au sud d’Oslo, d’un père vétérinaire et d’une mère physiothérapeute, luthériens de tradition sans être pratiquants.

Il a étudié l’histoire et la théologie pendant dix ans à la prestigieuse université de Cambridge, en Angleterre, s’est converti à la foi catholique en 1993, puis est entré comme novice une petite dizaine d’années après – « pour faire la traite des vaches » – à l’abbaye de Mount Saint-Bernard, seul monastère trappiste d’Angleterre, où il sera ordonné prêtre (en 2011) puis en deviendra le père abbé (en 2015).

C’est la littérature et la musique qui ont conduit Erik Varden vers Dieu, confie-t-il, notamment la deuxième symphonie de Gustav Mahler, découverte à l’âge de 15 ans et qui l’a bouleversée. « Cette œuvre qui s’intitule Résurrection est d’une extraordinaire puissance, se souvient-il, notamment son sublime final avec ces paroles célèbres :”Ô foi, mon cœur, ô foi : rien ne sera perdu pour toi ! À toi est, oui, à toi, ce que tu as désiré ! À toi, ce que tu as aimé, ce pour quoi tu as lutté (souffert) !” Ce message banal m’a percé. J’ai réentendu ce morceau récemment à Oslo, l’auditorium était électrifié et a éclaté en jubilation. Un athée prend beaucoup de risques en écoutant cette symphonie… »

Erik Varden parle cinq langues, dont un français parfait qu’il a appris en soutenant une thèse de doctorat sur Pierre de Bérulle (1575-1629), homme d’État et d’Église, figure forte de la contre-réforme catholique, cardinal, chef du Conseil de la reine mère Marie de Médicis, introducteur des carmélites en France et fondateur de la société de l’Oratoire. Le moine évêque a enseigné la langue syriaque et l’anthropologie chrétienne à Rome, il a publié plusieurs........

© Le Point