Libre opinion | Sur nos gardes
Je sais qu’il ne faut pas laisser mon verre sans surveillance, qu’il vaut mieux éviter de rentrer seule tard le soir, prévenir une amie de l’endroit où je me trouve et rester attentive à ce qui m’entoure. Je sais tout cela parce que, comme tant d’autres femmes, j’ai appris très tôt que ma sécurité dépendrait aussi des précautions que je prendrais. Ce que je me demande aujourd’hui, c’est pourquoi cette liste nous est devenue si familière.
À la longue, ces précautions ne ressemblent même plus à des précautions. Elles deviennent des réflexes. On partage une localisation, on garde un œil sur son verre, on s’écrit une fois qu’on est rentrées. Des gestes presque banals, jusqu’à ce que l’on se demande pourquoi nous avons appris à les faire.
Depuis quelques jours, l’affaire désormais surnommée « Cornell 7 » fait le tour du monde. Une ancienne étudiante de l’Université Cornell allègue dans une poursuite civile avoir été droguée et agressée sexuellement par sept membres d’une fraternité en 2024. Ces allégations sont contestées et n’ont pas été établies devant un........
