Idées | L’«Odyssée» d’Homère n’est pas un péplum américain !
Ayant publié l’essai Homère, la vie et rien d’autre!, j’ai longuement hésité avant d’aller voir L’odyssée de Christopher Nolan. Face à l’œuvre géniale d’Homère, que j’ai lue à de multiples reprises, je craignais d’être déçu. Et c’est bien ce qui est arrivé. Je m’explique.
L’odyssée de Nolan est une formidable mégaproduction américaine qui a le mérite de nous prendre par la main pour nous faire vivre des émotions fortes grâce à des images spectaculaires et à des scènes d’action qui captent notre attention du début à la fin. C’est un bon divertissement.
Mais tout cela se fait au détriment des passages les plus émouvants de l’œuvre d’Homère, là où les personnages se rencontrent dans ce qu’il y a de plus authentique chez l’être humain : les sentiments, les émotions, la tendresse et cette grande fragilité des êtres lorsqu’ils perdent ce qu’ils ont de plus cher au monde. En voici trois exemples.
Lorsqu’Ulysse se rend dans les enfers pour interroger le devin Tirésias pour savoir comment revenir chez lui à Ithaque, à sa grande surprise, il rencontre sa mère, Anticlée, apprenant par la même occasion que celle-ci est décédée depuis son départ pour Troie. Alors qu’Ulysse questionne sa mère sur les causes de sa mort, celle-ci lui répond par ces paroles touchantes : « C’est le regret, c’est le souci de toi, mon noble Ulysse, c’est mon amour pour toi qui m’ont ôté la douce vie. »
Trois fois Ulysse tentera alors d’enlacer sa mère pour lui montrer toute son affection. Toutefois, celle-ci étant réduite au statut d’ombre, ce sera peine perdue, ce qui rendra........
