Pour combattre le racisme, la confiance ne peut être aveugle
Dénigrer, dégrader, avilir : les actes allégués au poste 39 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont racistes. Ces actes sont rejetés par tous les représentants de la société civile, mais doivent porter à des questionnements plus larges.
Dans les années 1980, la guerre froide sévissait, symbolisée par un mur qui divisait, imposait le mépris de chaque côté, représentant aussi l’absence de confiance. Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) a été signé avec l’intention de réduire la prolifération des armes. Le but était aussi d’instaurer la confiance, mais en obligeant à un processus de vérification. Rappelons le fameux « Trust but verify » proclamé par le président Reagan lors de la signature : imposer une diplomatie stricte, accompagné de protocoles de vérification.
Lors de la suspension des policiers à Montréal-Nord, beaucoup ont tout de suite suggéré de revoir la formation des policiers de façon à instaurer un discours qui suscitera la confiance, mais en obligeant la caméra personnelle pour surveiller. Est-ce vraiment la solution pour éviter et contrer les actes de racisme dans la police ?
Il est probable qu’une décision en ce sens s’avère nécessaire pour convaincre que les actes portés sont justifiés, dosés, pondérés. Par contre, en parlant du racisme, on doit aussi discuter de sa composante plus insidieuse et que l’on qualifie techniquement de systémique. Les corps de police ont une action directe très publique, alors que les effets des politiques et des us sont moins visibles et qualifiables. Diverses définitions sont formulées pour le racisme systémique, mais pour feu le sénateur Murray Sinclair, le racisme systémique est un........
