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Dialoguer avec les Anciens, sans culte béat

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27.09.2026

À l’aube d’une fraîche matinée du printemps de l’an 458 av. J.-C., une quinzaine de milliers de spectateurs — un gros tiers de tous les citoyens athéniens de plein droit — prennent place dans les tribunes de bois du théâtre de Dionysos, sur le flanc sud de l’Acropole. Avec une grande patience, ils assistent aux préliminaires : la purification du théâtre. Un porcelet est sacrifié et son sang est répandu autour de la scène ; puis, viennent les libations de vin destinées à Dionysos, suivies de la présentation des orphelins de guerre et de l’annonce des honneurs civiques. Le contexte des représentations est à fois religieux et civique, dans une société où il y a identité de la communauté politique et de la communauté religieuse.

Une fois les formalités accomplies, place aux représentations. La tétralogie d’Eschyle est aujourd’hui au programme. Trois tragédies sur le destin des Atrides, jouées dans la foulée, et suivies, en après-midi, d’un drame satyrique — intitulé Protée — qui viendra détendre l’atmosphère, grâce aux blagues grasses des membres du chœur attifés de costumes de satyres.

Les copistes des siècles ultérieurs ayant jugé que la farce de Protée ne méritait pas d’être conservée, c’est la trilogie surnommée l’Orestie que nous sommes invités à voir au théâtre du Nouveau Monde (TNM) ces jours-ci. Ne boudons pas notre plaisir : des 33 tragédies grecques qui nous sont parvenues, il ne se trouve qu’une seule trilogie intacte, et c’est celle dont nos Athéniens vont faire la découverte, en ce matin de printemps, il y a près de 25 siècles.

Et il est exact de parler de découverte, puisque les tragédies n’étaient jouées qu’une fois. Les représentations étaient donc........

© Le Devoir