Chronique|Retraite hypothéquée Gérard Bérubé
Les préretraités et nouveaux retraités canadiens pensent désormais avoir besoin de 1,7 million de dollars — 1,2 million au Québec — pour vivre une retraite confortable. Une cible hors d’atteinte pour un nombre toujours plus élevé d’entre eux, douteux qu’ils sont de disposer de la capacité d’épargne requise ou de la marge de manœuvre budgétaire nécessaire en cette conjoncture économique inflationniste et truffée d’incertitudes.
Pure perception que tout cela ?
Ce chiffre de 1,7 million provient d’un sondage en ligne réalisé en novembre 2025 pour la Banque de Montréal auprès de 1500 adultes canadiens. Dans sa version 2024, on avançait la cible de 1,5 million. Précédemment, en 2019, on fixait plutôt la barre à 1,35 million. Selon l’enquête, il faudrait attribuer la différence à l’impact du coût de la vie croissant et à une conjoncture économique toujours plus préoccupante sur les perspectives de retraite et, donc, sur sa planification. Cette lecture se défend bien.
Pensons à l’objectif souhaité d’atteindre la retraite avec son hypothèque payée. Un rapport publié en juillet par la firme d’investissements Fidelity nous dit que 22 % des répondants interrogés ont encore un prêt hypothécaire lorsqu’ils prennent leur retraite, et que près de la moitié (46 %) d’entre eux ne s’attendent pas à le rembourser en moins de 10 ans. Pire, 21 % des retraités et 12 % des préretraités ne pensent tout simplement pas pouvoir le rembourser. Le sondage a été mené auprès de 2000 Canadiens affichant un âge médian de 62 ans.
L’inflation figure au premier rang des préoccupations, et ce, pour 80 % des retraités, suivie des turbulences géopolitiques (60 %), de la faible croissance économique (60 %) et des taux d’intérêt (50 %).
Cet inconfort a tendance à s’étaler dans la population. Du moins, c’est ce qui ressort........
