Les femmes en noir de la Barranca, sentinelles de la dignité
Droites et dignes, mains posées sur les jambes, les yeux grands ouverts, elles veillent. Elles sont sagement assises, à proximité de leurs morts, dans ce qui n’était autrefois qu’un lieu-dit et qui est désormais le cimetière civil mémorial de La Barranca, à quelques encablures de Logroño.
Ces sentinelles, ce sont les « Femmes en noir » d’Oscar Cenzano, deux sculptures inaugurées en 1979, quatre ans à peine après la mort de Franco qui a mis fin à une dictature sanguinaire longue de quatre décennies. Ce monument rappelle l’incroyable courage de ces épouses, mères, sœurs ou filles, qui, année après année, ont osé braver les interdits du franquisme, pour rendre hommage à leurs proches assassinés.
De funestes sorties nocturnes avec la mort au bout du fusil
Le 18 juillet 1936, le soulèvement nationaliste de hauts gradés félons déclenche un conflit d’une violence inouïe en Espagne. La région de La Rioja est sous l’emprise de l’un des artisans du coup d’État, le général Emilio Mola, surnommé « le directeur ». La guerre semble épargner ces terres de vignobles ; pas la répression qui fait rage. « Il faut semer la terreur, il faut laisser la sensation de domination en éliminant sans scrupule tous ceux qui ne pensent pas comme nous », proclame........
