Quand l’obsolescence des infrastructures rencontre l’incertitude climatique
Un texte de Pierre Courtemanche, stratège en développement durable et chaîne d’approvisionnement, 360platform
LES IDÉES DES AFFAIRES. Au début de janvier 2026, une section d’environ 60 mètres du quai 25 du Port de Québec s’est effondrée dans le fleuve Saint-Laurent — un événement qui a frappé l’imaginaire québécois précisément parce qu’il symbolise une réalité plus vaste et perturbante. Ce quai, construit au début du XXᵉ siècle, n’était plus en service, mais sa chute a servi comme un rappel brutal: nos infrastructures logistiques vieillissent dans un environnement qui se dégrade lui aussi.
Ce qui pourrait être perçu comme un incident isolé est révélateur d’un phénomène plus profond. Les infrastructures logistiques des économies avancées entrent simultanément dans une zone de « grand renouvellement » — généralement autour de 50 à 75 ans de service — précisément au moment où les conditions climatiques deviennent plus agressives et imprévisibles.
Pendant des décennies, les grands projets logistiques — ports, quais, ponts et principales artères de transport — ont été planifiés et construits dans un environnement économique stable. Les cycles d’investissement suivaient des horizons prévisibles, les coûts et les risques climatiques étaient considérés comme secondaires, et l’accent était mis sur la croissance plutôt que sur la durabilité.
Aujourd’hui, une large part de ces actifs approche la fin de sa vie utile. Ce vieillissement est........
