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Le mois d’octobre est-il vraiment dangereux pour les marchés?

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01.10.2026

EXPERT INVITÉ. Le marché foisonne de légendes urbaines, de dictons et de maximes censées aider les investisseurs à anticiper les mouvements boursiers. Parmi elles, figure l’October effect, cette idée selon laquelle le mois d’octobre serait naturellement dangereux pour les marchés actions.

En 2026, la question mérite toutefois davantage qu’un simple sourire: les taux américains viennent de retrouver des niveaux élevés, l’inflation reste trop forte, le pétrole demeure dépendant des tensions au Moyen-Orient et les élections de mi-mandat américaines auront lieu le 3 novembre. Faut-il alors regarder le calendrier pour ajuster son portefeuille, ou se méfier d’un mythe qui revient chaque automne? Synthèse et analyse.

Sell in May and go away, don’t catch a falling knife, buy the rumor, sell the news ou encore the trend is your friend : les adages boursiers ne manquent pas. Ils ont tous un point commun : ils offrent une explication simple à des marchés qui ne le sont jamais.

L’October effect repose sur l’idée que les grands accidents financiers ont une probabilité plus élevée de se produire en octobre, ce qui pousserait les investisseurs à alléger leurs positions ou à renforcer leurs protections pendant ce mois.

Pourtant, l’histoire statistique ne confirme pas cette réputation. Depuis 1928, octobre a, en moyenne, affiché une performance positive pour les actions américaines, supérieure à 0,6%.

À l’inverse, septembre a historiquement été le mois le plus faible, avec une baisse moyenne proche de 1%. Octobre n’est donc pas un mois structurellement négatif ; il est surtout un mois auquel les investisseurs associent spontanément les mots «krach», «lundi noir» ou «panique».

Il existe néanmoins un élément réel : octobre est traditionnellement l’un des mois les plus volatils. Depuis 1950, le S&P 500 y a connu davantage de mouvements quotidiens de plus de 1% que durant n’importe quel autre mois de l’année. Cela ne veut pas dire que le marché baisse davantage, cela signifie que les investisseurs y réagissent souvent plus vivement aux nouvelles économiques, politiques et géopolitiques.

Certains investisseurs sont très attachés à cette théorie, au point parfois de réduire leur exposition au risque ou de couvrir leurs portefeuilles dès la fin septembre. D’autres considèrent, à juste titre, qu’il s’agit davantage d’une superstition que d’un phénomène financier robuste.

La bonne question n’est donc pas de savoir si octobre sera nécessairement rouge ou vert, mais de comprendre pourquoi ce mois peut amplifier les peurs déjà présentes sur les marchés.

Quels sont les événements marquants d’octobre?

De nombreux épisodes historiques ont nourri la réputation du mois d’octobre depuis plus d’un siècle. Mais ils doivent être replacés dans leur contexte: ce ne sont pas les dates qui ont provoqué les crises, ce sont les déséquilibres économiques et financiers accumulés avant elles.

L’emballement de 1907

La panique de 1907 fut une crise bancaire provoquée par une série de spéculations malheureuses, des pertes importantes et une perte progressive de confiance dans les sociétés fiduciaires américaines. Les déposants ont commencé à retirer leurs fonds, les banques se sont retrouvées sous pression et la crise de liquidité s’est rapidement propagée au système financier.

JP Morgan, alors figure centrale de Wall Street, a mobilisé sa fortune et celle d’autres banquiers afin de coordonner un soutien d’urgence aux institutions les plus fragiles. L’épisode a montré les limites d’un système financier dépendant de la bonne volonté de quelques acteurs privés........

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