Espagne-Argentine : et à la fin, ce sont les gentils qui gagnent
C’était ma dixième Coupe du monde, et elles s’achèvent toutes à peu près de la même manière : me voilà épuisé dans une chambre d’hôtel après des semaines de quatre-vingt-dix heures de travail, la voix en miettes et un rhume en embuscade. Pourtant, ici, à New York, je termine l’aventure avec un sentiment de plénitude. Il est si rare qu’une compétition sportive connaisse le dénouement qu’elle mérite, comme dans un conte moral où les gentils finissent par battre le méchant. Soit exactement ce qui s’est produit lors de la finale entre l’Espagne et l’Argentine.
La logique contre le hasard
Il ne pouvait y avoir d’autre champion du monde que l’Espagne. Pendant cinq semaines, le tournoi a été haletant, imprévisible. Mais en demi-finale face à la France, puis contre l’Argentine, les Espagnols ont rétabli la logique en dominant les deuxième et troisième meilleures équipes du monde. Dans un sport largement gouverné par le hasard, ils ont réduit l’imprévu à néant.
Ils y sont parvenus sans commettre de fautes, sans s’emporter, sans invoquer de théories du complot ni se recroqueviller dans une défense désespérée. La possession est le fondement du........
