Une troisième guerre mondiale?
Nous avons longtemps vécu dans la crainte de la troisième guerre mondiale.
En fait, dès la fin de la seconde, nous avons craint un affrontement à grande échelle entre les États-Unis et l’URSS, entre le monde libre et le monde communiste.
On craignait que les deux empires ne s’affrontent, et cela, à l’âge nucléaire, ce qui en poussait plusieurs à dire que la troisième guerre mondiale, si elle advenait, serait la dernière. Après cela, l’humanité serait anéantie. C’était une peur légitime.
Mais les grands empires ont surmonté, en quelque sorte, la tentation de l’autodestruction, en s’installant dans la logique de la guerre froide.
La course aux armements en fut le résultat : il fallait s’assurer d’être le plus puissant possible pour pouvoir anéantir l’ennemi, sans toutefois passer à cette dernière étape.
Les deux empires faisaient aussi valoir leur modèle respectif de développement, et sur la planète, les pays, globalement, s’alignaient sur un camp ou sur l’autre.
Par ailleurs, quand les deux empires se faisaient la guerre, c’était par procuration, par exemple, en Corée, ou au Vietnam, ou sur différents théâtres sud-américains.
Mais ils évitèrent de franchir la ligne rouge qui les aurait poussés à s’envoyer l’un sur l’autre leurs missiles nucléaires.
Si je rappelle tout cela, c’est pour jeter un regard historique sur la présente guerre d’Iran.
Les États-Unis, on le sait, avaient l’intention de détruire les capacités nucléaires et militaires du pays.
Il n’est pas interdit de croire non plus que Donald Trump ait voulu manifester aussi la toute-puissance américaine, en démontrant, aux yeux de tous, sa capacité à imposer la volonté de son empire même très loin de ses frontières.
On a compris rapidement aussi qu’ils souhaitaient faire tomber le régime, sans qu’on ne sache exactement ce que cela veut dire. S’agit-il de forcer le régime à adopter une attitude proaméricaine, ou s’agit-il de faire tomber tout simplement la république des mollahs, ce qui implique évidemment un soulèvement populaire ?
Mais la volonté de faire tomber le régime oblige les États-Unis à s’engager plus durablement qu’ils ne le souhaitaient. Israël y est prêt.
Mais plus le conflit dure, plus il se régionalise aussi, et plus les autres grandes puissances qui ont des intérêts dans la région pourraient être tentées de s’en mêler.
Je pense évidemment à la Chine et à la Russie, qui dans le monde multipolaire d’aujourd’hui, regardent avec hostilité les États-Unis, et savent qu’elles pourraient un jour les affronter dans un conflit plus vaste.
Pour l’instant, l’affrontement ne vient pas, ou du moins, demeure indirect – comme au temps de la guerre froide, en quelque sorte, avec la Russie, qui, selon plusieurs, fournit aux Iraniens le soutien technologique pour mener leurs différentes frappes.
Mais il pourrait venir.
À tout le moins, ce sont les paramètres du nouveau monde qui se met en place, devant nous. Le siècle qui vient sera un siècle de fer, avec des tentations nucléaires.
