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Peut-on faire d’une pierre trois coups en agroalimentaire?

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29.09.2026

Étrange chose que le Québec agricole moderne… Plus riche, plus organisé, plus performant que jamais, mais moins présent sur l’ensemble du territoire et pas plus en mesure de nourrir sa population. Nous croyons que ce qui manque, c’est une véritable politique alimentaire, ce que nous n’avons jamais eu, et une politique agricole qui lui correspond.

L’accès à une alimentation saine devient un défi pour les familles, les personnes âgées, les étudiants… Les cuisines collectives des hôpitaux, des garderies et autres services publics n’offrent pas une alimentation toujours appréciée. On nous décrit de véritables déserts alimentaires, en ville comme en campagne. Jusqu’à maintenant, les interventions gouvernementales pour juguler l’augmentation des prix des aliments ont donné peu de résultats. Malgré des objectifs maintes fois renouvelés, notre autosuffisance alimentaire tourne toujours autour de 40 % depuis les années 1980. Pourtant, le Québec dispose d’un territoire agricole — modeste, certes, mais tout à fait capable de contribuer à une augmentation significative de cette autosuffisance, et ce, dans toutes les régions.

Par ailleurs, au fil des décennies, les gouvernements ont, par leurs politiques, fait émerger et surtout soutenu des entreprises agricoles intensives s’appuyant sur un nombre réduit de productions qui accaparent les meilleures terres et qui privilégient pour une bonne part les produits d’exportation.

Comprenons-nous bien : nous croyons les grandes entreprises agricoles spécialisées tout à fait nécessaires à notre alimentation et au développement des régions. Mais nous pensons qu’il faut leur ajouter des fermes de petite et moyenne dimension destinées à l’alimentation de notre population, d’autant plus que de nombreux jeunes souhaitent........

© Le Devoir