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La fin du roman

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25.09.2026

Produit de la révolution industrielle et premier avatar d’une désormais toute-puissante culture de masse, le roman est arrivé à sa fin de vie utile.

Dans le roman Les faux-monnayeurs, paru il y a 100 ans, André Gide remet en question le genre romanesque dans une brillante mise en abyme. Son personnage de romancier, l’oncle Édouard, est un double de l’auteur qui lui sert de porte-voix pour exprimer ses idées sur la littérature. Dans un chapitre resté célèbre dans les hautes sphères des études littéraires, qui se sont délectées de cette autoréflexivité tout au long du siècle dernier, Édouard avoue à ses interlocuteurs qu’il n’a pas écrit une seule ligne de son roman, mais qu’il y travaille pourtant sans relâche, en tenant un journal.

Quand on lui rétorque qu’il n’écrira jamais ce roman, Édouard a cette intéressante réflexion : « Oui, si je ne parviens pas à l’écrire, ce livre, c’est que l’histoire du livre m’aura plus intéressé que le livre lui-même ; qu’elle aura pris sa place ; et ce sera tant mieux. »

Il semblerait que les événements qui ont bousculé cette rentrée littéraire donnent raison, à distance, à l’oncle Édouard. Dans un monde où les romans peuvent être générés mécaniquement à l’aide d’une puissante chaîne de........

© Le Devoir