Éditorial|Une entrée cher payée Marie Vastel
Si seulement Mark Carney pouvait tout bonnement se réjouir de l’entente commerciale qu’il s’affaire à conclure avec Donald Trump. Le défi politique national du premier ministre est toutefois inversement proportionnel à l’avancée de ses pourparlers sisyphéens avec le président américain, puisque le schisme du conflit commercial n’a qu’exacerbé au fil des mois le ressentiment des provinces ainsi que de leurs citoyens, qui ne s’apaisera pas qu’à la conclusion d’une entente intérimaire fragmentaire.
Car cette dernière paraît d’emblée fort chère payée pour finalement n’en revenir qu’au point de départ, soit d’enfin pouvoir se rasseoir à la table de négociation en vue de la révision de l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Et ce, tout en ayant vraisemblablement consenti au maintien — bien que moindre, heureusement — de tarifs douaniers désormais irrévocables dans ce nouvel ordre commercial de l’ère trumpienne. La menace du président d’imposer d’exorbitants nouveaux tarifs de 50 % au Canada cette semaine lui aura finalement bien réussi…
Le proverbial diable se cache encore dans les détails de cette ébauche d’entente confidentielle. Les échos, qui se confirment peu à peu, font cependant état de douloureux compromis. Une réduction des tarifs sectoriels, certes, mais qui ne serait........
