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Idées | Et si l’un des actes les plus radicaux était de commencer à nous lier?

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27.09.2026

À la lecture du texte « Mourir, ça ressemble à ça » de Jean F. Boily, dans Le Devoir, je ne peux m’empêcher d’être entraînée dans le vertige collectif. Celui d’être aux premières loges devant l’effondrement du vivant, alors que, malgré notre constatation, nous poursuivons notre marche, solidaires vers le précipice. La crise que nous vivons est trop complexe pour que les réponses reposent seulement sur les épaules de nos gouvernements. Elle se joue dans l’enchevêtrement de nos rapports au vivant, aux autres, à nos institutions, à l’économie, au territoire. Nous vivons dans un monde profondément interdépendant, mais nous continuons à le penser et à l’organiser comme s’il était fait d’éléments séparés.

Dernièrement monte en moi cet étrange sentiment de deuil. La solastalgie. Un mélange profond de tristesse et de perte devant ce qui aurait pu être. Je le ressens devant l’immense stationnement construit sur ce milieu humide où, toute petite, je mangeais des merises. Aux abords d’une rivière, lorsque je me demande si je peux encore m’y baigner. En constatant que mes étés sont moins ponctués des chants multiples des oiseaux que ceux de mon enfance.

Et cette tristesse, je la ressens aussi devant notre manière de vivre ensemble. Dans mon horaire trop chargé pour aller prendre un café avec ma gentille voisine qui, elle aussi, trouve parfois sa vie de maman bien lourde. Dans ma fatigue immense à la fin d’une journée de travail, alors qu’il me reste si peu à........

© Le Devoir