Idées | Dans le mauvais sens du monde
Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici. Plus le temps passe, plus les choses tues s’accumulent en une sorte de blob que je ne sais plus par quel bout prendre alors que de nouvelles bûches alimentent chaque jour le grand feu de l’effondrement. À témoin, la photo saisissante du couple qui, confortablement assis sous son parasol, regarde le monde brûler sur une plage en Gironde.
Lire Ce qu’on trouve dans la cendre. Méditations sur le sens et le courage dans un monde en effondrement (Atelier 10), de Nicolas Langelier, a mis des mots sur mon mal (est-ce bien un mal ou, plutôt, une condition ?). Étrange de se sentir moins seule en lisant un livre dont la première phrase est « Ce livre débute par la fin, celle de notre civilisation » et qui nous rappelle que « la présente année est sans doute la plus plaisante de toutes celles qu’il nous reste » ? Il faut dire que j’ai si souvent levé les yeux au ciel par le passé que j’ai parfois craint de rester prise ainsi.
À l’automne 2025, au Salon du livre de l’Estrie pour parler de mon livre Raccommodements raisonnables, je m’étais entretenue avec l’essayiste Étienne Beaulieu. J’espérais encore un soubresaut, quelque chose comme un grand éveil collectif, pour éviter ce qui aujourd’hui me paraît inévitable.
Je venais de lire L’heure des prédateurs, de Giuliano da Empoli, et Autocracy, Inc., d’Anne Applebaum. Mes constats n’étaient pas jojo : on est........
