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Chronique|Faire payer les riches, mode d’emploi Jean-François Lisée

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09.09.2026

Aviez-vous la fâcheuse impression que les Québécois les plus riches — le fameux 1 % — versaient chaque année à l’État, en impôts, plus de 50 % de leurs revenus ? Si oui, vous n’avez pas complètement suivi. Je ne vous en blâme pas, c’est compliqué. Ce serait vrai si les riches n’étaient pas extrêmement ratoureux. C’est probablement l’une des raisons qui explique leur richesse, cette habilité à faire danser les chiffres.

Selon Statistique Canada, le vrai taux payé par le 1 % le plus riche au Québec est de 33 %. C’est rigolo, car le vrai taux payé par le Québécois de revenu moyen est de 36 %.

Ce serait une peccadille si le taux appliqué au 1 % le plus riche n’avait pas décliné. Il était de 38 % en 1998, et plus élevé encore dans les années 1980, 1970 et 1960. Ce serait aussi une question secondaire si la richesse du 1 % le plus riche était stable. Si leur portion de la tarte — plus importante que les autres ; c’est normal, ils sont riches — restait grosso modo la même. Or, elle ne cesse d’augmenter. Le 1 % le plus riche au Québec détenait en 1999 le cinquième de toute la richesse québécoise ; il en possède maintenant le quart.

Mais comment ceux qui en font partie font-ils pour ne pas payer une part plus d’importante d’impôt que le Québécois moyen ? Principalement, ils font semblant de ne pas avoir de salaire et se font payer autrement. Depuis 30 ans, la grande tendance chez les cadres supérieurs est d’être payé en actions d’entreprises. S’ils ne les vendent pas,........

© Le Devoir