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Réalité et fantasmes électoraux au temps de l’IA

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23.09.2026

À chaque élection, on me demande de commenter l’incidence de la dernière innovation technologique sur la campagne. En cette année électorale au Québec, c’est l’intelligence artificielle (IA) qui retient l’attention. Or, j’aimerais adopter une autre perspective et avancer que ni l’IA ni d’autres technologies ne feront changer le résultat du prochain scrutin. Non seulement parce qu’un code de conduite encadre déjà l’utilisation de l’IA dans les campagnes politiques québécoises, mais aussi parce qu’il est beaucoup plus facile d’imaginer un usage malveillant de la technologie pour influencer le comportement électoral que de le faire réellement.

Les médias et le public semblent particulièrement disposés à croire que l’IA peut jouer un rôle majeur dans les élections. J’y vois le symptôme d’un « imaginaire informatique de la politique » qui influe sur notre idée du fonctionnement de la politique, ainsi que la raison pour laquelle nous permettons si souvent à des spécialistes de la technologie d’agir en tant qu’experts politiques.

Mon ouvrage SimPolitics explore l’évolution des idées qui nous ont amenés à percevoir les systèmes politiques comme des systèmes informatiques.

L’un des meilleurs exemples est l’idée largement répandue selon laquelle l’IA pourrait servir à manipuler l’électorat. Si des expériences menées dans des conditions bien définies ont en effet montré que les agents conversationnels pouvaient faire évoluer les opinions, on voit très vite apparaître dans les médias de grandes prédictions au sujet d’une transformation politique.

Or, le véritable problème n’est pas tant l’agent conversationnel que la disposition d’une personne à engager une conversation politique avec celui-ci, chose que les participants aux expériences avaient choisi........

© Le Devoir