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Chronique | Ce qu’on ne sait pas sur l’Iran

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04.03.2026

Je ne pourrai jamais savoir ce que c’est que d’être une Iranienne qui souhaite du fond de ses tripes la chute d’un tyran et d’un régime qui, encore en janvier, broyait à la fois les corps et les voix de sa propre population.

Je sais toutefois qu’en écoutant Donald Trump lundi, j’ai entendu parler de nucléaire et de pétrole, et non de condition féminine, de droits de la personne, de libertés civiles ou de démocratie. Il me semble bien que l’intérêt américain, c’est un Iran faible, non un peuple libre.

Je sais aussi que Trump expliquait le pourquoi de sa guerre lundi pour la première fois non seulement à sa population, mais aussi aux élus du Congrès américain. Je me doute bien que le président se fiche complètement des institutions iraniennes, parce que pour attaquer l’Iran, il piétine les siennes.

Je crois aussi savoir que le sort de la population civile iranienne n’intéresse pas vraiment la Maison-Blanche. Samedi, le tout premier jour de l’opération israélo-américaine, les bombes ont frappé une école pour filles, tuant plus de 150 personnes, dont plusieurs enfants. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, nous donne une vague promesse « d’enquête », sans plus. Je ne connais pas d’entreprise de « libération nationale » qui ait déjà commencé ainsi.

Je ne sais pas comment la mobilisation de la population iranienne peut arriver d’elle-même à bout de la répression du régime de Khamenei. Je sais toutefois que les assassinats politiques tendent à créer des martyrs, qu’on ne peut jamais démanteler un système........

© Le Devoir