Un fédéralisme sans fédéralistes
Face à la possible élection d’un gouvernement du Parti québécois qui souhaite tenir un troisième référendum sur la souveraineté, le camp fédéraliste a besoin d’un discours convaincu et convaincant, plaide un ancien conseiller des premiers ministres Jean Charest et Philippe Couillard.
Depuis trois ans, le Parti québécois (PQ) trône au sommet des sondages, sans que Paul St-Pierre Plamondon ait jamais caché son intention d’organiser, s’il prend le pouvoir, un référendum pour faire du Québec un pays séparé du Canada. Paradoxalement, la souveraineté demeure largement impopulaire, gravitant autour de 30 % d’appuis.
Autrement dit, une imposante majorité de Québécois ne souhaite pas sortir de la fédération canadienne. Pourtant, à l’issue de la présente campagne électorale, le Québec pourrait porter au pouvoir un parti dont c’est la raison d’être absolue.
Dans un tel contexte, on aurait pu s’attendre à un retour en force du Parti libéral du Québec, historiquement la maison politique des fédéralistes lorsque la souveraineté revenait à l’avant-plan. Pas simplement parce qu’il s’y oppose, mais parce qu’il prône l’idée que la meilleure perspective d’avenir du Québec et de son peuple se trouve au sein du Canada.
Et cette nuance est fondamentale.
Car on peut s’opposer à un référendum sans être fédéraliste. On peut préférer le statu quo à l’indépendance sans éprouver la moindre adhésion envers le Canada. On peut considérer qu’il serait imprudent de quitter la fédération aujourd’hui sans pour autant croire en elle, en ses institutions ou en l’idéal canadien.
C’est essentiellement là que se situe la Coalition avenir Québec (CAQ).
Après huit années de gouvernement caquiste, malgré la fatigue de l’électorat et........
