Une dérive qui doit prendre fin
La première ministre Christine Fréchette doit donner un coup de barre en matière de laïcité et mettre fin à une dérive qui menace le vivre-ensemble au Québec, écrivent les philosophes Charles Taylor et Jocelyn Maclure.
Nous apprenions récemment que le Centre de services scolaire de Montréal a été contraint de congédier quelque 150 employées en raison de l’application de la loi 94 sur le « renforcement » de la laïcité dans le réseau de l’éducation. Ces employées comprennent notamment des éducatrices en service de garde, des techniciennes en éducation spécialisée et des préposées auprès d’élèves vivant avec un handicap.
La loi 94 a étendu aux autres catégories d’emplois du réseau scolaire les interdictions de porter un signe religieux prévues par la loi 21. Des intervenantes appréciées et compétentes ont ainsi été licenciées parce qu’elles ont refusé de choisir entre le respect de leurs convictions de conscience et leur droit égal d’occuper un poste pour lequel elles sont qualifiées. Des dizaines de cas similaires ont également été signalés dans des villes comme Sherbrooke et Drummondville.
Les cas de congédiement s’ajoutent à ceux, moins visibles, des personnes qui ont pu conserver leur emploi parce qu’elles ont été embauchées avant l’adoption des lois sur le durcissement de la laïcité et peuvent ainsi se prévaloir des clauses de droits acquis. Elles se trouvent........
