Roland, militant du « sport pour tous » et de l’éducation populaire
Le soleil réchauffe la salle où Roland m’attend, ses dossiers organisés devant lui sur une longue table en bois usé. On est au centre-ville de Châteaubriant, sous-préfecture de la Loire-Atlantique, dans les locaux emblématiques de l’Amicale Laïque, l’ALC. En arrivant, je pense à ma fille de sept ans qui demande « C’est l’ALC ou les Voltigeurs ? » chaque fois que nous passons devant un terrain de foot.
Comme d’autres, la ville a deux maisons et deux fiertés, liées entre elles par une rivalité suffisamment contenue pour prévenir tout drame shakespearien. Mais avant les classements, c’est leur histoire qui sépare les deux clubs : l’un, fondé par la bourgeoisie locale, aux mains d’une riche famille d’industriels de la viande et l’autre, ancré dans la culture de l’éducation populaire et de l’enseignement laïc.
Une amicale sportive au cœur de la vie sociale du territoire
Quand je lui explique le sens de mon projet : faire le portrait de ces engagés de l’ordinaire qui continuent de défendre une société où le partage est une joie et l’égalité une exigence ; raconter à travers eux l’histoire à la fois commune et singulière de ce territoire frappé à plusieurs reprises par la violence d’extrême-droite, et qui chaque fois a résisté ; Roland rebondit vivement. Car d’ordinaire, « ça n’intéresse pas beaucoup les journalistes, même locaux » me précise-t-il. Alors il se livre, avec méthode et les yeux souriants.
Et sans........
