Non, le budget ne préserve pas la transition écologique (mais il conforte le nucléaire)
« Fin du mois, fin du monde, même combat », « Nos forêts brûlent, vos promesses s’évaporent », « Plus de profs, moins de pesticides »… Dans les cortèges, l’écologie n’est pas la moindre des revendications des manifestants. L’Etat, de son côté, se défend en affirmant que ses engagements sur ce front n’ont pas faibli, malgré les difficultés budgétaires et les pressions de l’extrême droite pour baisser la garde.
Bercy affirme même que les moyens dévolus à l’écologie progresseront un peu l’an prochain, bien que son projet de budget pour 2027 inscrive des économies de « plus de 9 milliards d’euros » pour l’Etat. Si le régalien, l’armée principalement, échappe à ce coup de rabot, ainsi que la recherche et l’éducation, c’est aussi le cas de l’écologie, sur le papier en tout cas.
Ainsi, la mission « Ecologie, développement et mobilité durables », qui avait été dotée de 22,8 milliards d’euros de crédits de paiement en 2026 selon la loi de finances initiale (LFI), verrait ses moyens passer à 23,4 milliards d’euros en 2027 selon le projet de loi de finances (PLF) soumis le 1er octobre à l’Assemblée nationale. Ce qui permet à Roland Lescure, le ministre de l’Economie, d’assurer :
« Nous maintenons notre stratégie de politique économique, résolument tournée vers l’avenir, l’innovation et la transition écologique. »
« Nous maintenons notre stratégie de politique économique, résolument tournée vers l’avenir, l’innovation et la transition écologique. »
Une fois déduits les 1,7 % d’inflation attendus en 2027, la modeste hausse de cette enveloppe est en réalité une quasi-stagnation.
81,5 milliards de besoins supplémentaires
Or, maintenir le cap, ce n’est pas être tourné vers l’avenir et la transition écologique. Ce ne sont pas que les manifestants qui le disent, mais Bercy lui-même. En témoigne la stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique et de la politique énergétique nationale (Spafte).
Ce document joint au PLF, évalue à 81,5 milliards d’euros par an les besoins d’investissements supplémentaires identifiés pour atteindre les objectifs de décarbonation de la France à l’horizon 2030 (par rapport à l’année 2024), dont 13,5 milliards d’euros par an pour le secteur public et 68 milliards d’euros par an pour les ménages et les entreprises.
Il faudrait donc plus que doubler les 69 milliards d’euros par an d’investissements publics et privés identifiés en 2024 sur le même périmètre.
Ces 13,5 milliards d’euros annuels ne couvrent que les investissements dont le secteur public sera lui-même maître d’ouvrage. Les besoins de financement public de la transition sont très supérieurs à ce montant puisque les 68 milliards d’euros par an d’investissements relevant du secteur privé (achats de voitures électriques, rénovation des logements, fours industriels bas carbone…) ne pourront être intégralement déclenchés sans aides publiques.
Par ailleurs, comme l’indique Bercy, ce chiffrage porte sur les dépenses identifiées pour atteindre les objectifs de décarbonation. Or, bien des dépenses correspondant aux objectifs de décarbonation ne sont pas clairement........
