Allô, le Canada? 150 ans de téléphone
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Allô, le Canada? 150 ans de téléphone
Season 5/Episode 3 – French Transcript
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IN PARTNERSHIP WITH THE GOVERNMENT OF CANADA`);
Il y a 150 ans, réussir à faire entendre sa voix dans la pièce d’à côté relevait de l’exploit. Aujourd’hui, on peut appeler quelqu’un presque n’importe où dans le monde — même si on choisit souvent d’envoyer un texto à la place.
Dans cet épisode de Voyages dans l’histoire canadienne, Angela Misri remonte aux débuts du téléphone et à son histoire canadienne. Phil Stasinski, ancien employé de Bell Canada et collectionneur de téléphones anciens, raconte comment on passait un appel autrefois, pourquoi le téléphone a d’abord suscité de la méfiance et ce qu’on perd parfois quand on choisit le texto plutôt que la voix.
Puis, direction Brantford, en Ontario, où le conservateur Robert Stanczyk nous ramène aux années où Alexander Graham Bell commençait à imaginer une nouvelle façon de faire voyager la voix.
Listen to the episode:
Angela Misri [00:00:04] Allô?
Angela Misri [00:00:06] Je m’apprête à animer un épisode de Voyages dans l’histoire canadienne. Je peux te rappeler?
Angela Misri [00:00:18] De nos jours, quand votre téléphone sonne, la personne à l’autre bout du fil peut littéralement se trouver n’importe où dans le monde. Sauf peut-être à cet endroit précis dans votre sous-sol où, allez savoir pourquoi, toutes les connexions semblent mourir. Mais il y a 150 ans, ce n’était pas aussi simple. On pouvait envoyer une lettre, on pouvait envoyer un télégramme. Mais si on voulait parler à quelqu’un, il fallait être à portée de voix. Puis le téléphone est arrivé.
Bienvenue dans Voyages dans l’histoire canadienne. Je suis votre animatrice, Angela Misri. Ce balado reçoit du financement du gouvernement du Canada et est produit par le Walrus Lab. Cet épisode souligne le 150e anniversaire du premier appel téléphonique.
Alexander Graham Bell est né en Écosse. Le premier appel téléphonique a été fait depuis Boston, mais quand on suit de plus près l’histoire du téléphone, le Canada revient constamment. Il y a la maison de Brantford, en Ontario, que la famille Bell appelait son chez-soi. Un endroit le long de la rivière Grand où l’idée du téléphone a commencé à prendre forme. Et certains des tout premiers essais visant à déterminer jusqu’où une voix humaine pouvait porter. Et puis, il y a tout ce qui s’est passé une fois que le téléphone a réellement commencé à gagner en popularité. Comme pour toute nouvelle technologie, les gens hésitaient à intégrer le téléphone dans leur vie. Comment les entreprises allaient-elles pouvoir fonctionner sans trace écrite des conversations? Et si personne d’autre ne possédait l’un de ces nouveaux téléphones coûteux, pourquoi investir dans un téléphone pour sa propre maison? Cent cinquante ans plus tard, il est difficile d’imaginer un monde sans téléphone. Mais il est aussi difficile d’imaginer toutes les étapes et toutes les personnes qu’il a fallu pour rendre possible un seul appel.
Phil Stasinski [00:02:06] Pour faire un appel, on prenait le combiné en bois et on appuyait sur le bouton noir, à gauche de la cloche d’appel, pour signaler l’opératrice ou une autre personne sur sa ligne. Une fois que la personne répondait, on appuyait sur le bouton blanc et on le maintenait enfoncé pendant toute la conversation afin de garder le téléphone dans le circuit. Le téléphone à main en bois servait à la fois de récepteur et d’émetteur, alors pendant la conversation, il fallait alterner entre l’oreille et la bouche. Ça paraît très rudimentaire, mais c’était à la fine pointe de la technologie en 1878.
Angela Misri [00:02:38] C’est Phil Stasinski. Il parle d’un téléphone à main en bois de Bell, l’un des plus anciens téléphones qui existent et l’un des nombreux appareils de sa collection de téléphones anciens.
Phil Stasinski [00:02:47] Alors… On tournait la manivelle sur le côté de la boîte, ce qui envoyait un signal à une opératrice au central téléphonique local. Elle répondait et disait quelque chose comme « Numéro, s’il vous plaît. » En fait, au tout début, il y avait si peu d’abonnés qu’on pouvait simplement donner le nom de la personne. L’opératrice vous mettait alors en communication avec cette ligne. Ensuite, elle tournait la manivelle de son standard téléphonique pour signaler la personne appelée. Et lorsque cette personne décrochait, l’opératrice vous mettait en communication au moyen du standard. Puis, une fois l’appel terminé, on tournait de nouveau la manivelle sur le côté du téléphone. Cela indiquait à l’opératrice que la conversation était terminée. Elle écoutait la ligne, puis coupait la communication.
Angela Misri [00:03:28] Phil a travaillé chez Bell Canada pendant 36 ans. Aujourd’hui, il est historien canadien du téléphone et collectionneur. Et lorsqu’il s’est joint à nous dans notre studio virtuel, il portait pour l’occasion une casquette de baseball de Bell Canada. Le moment tombait bien aussi. Phil n’avait qu’une heure pour discuter avec nous avant de partir assister au concert de Rush ce soir-là, un petit détail bien canadien qu’on ne pouvait tout simplement pas passer sous silence. Phil a commencé à travailler chez Bell Canada en 1980, l’année du centenaire de l’entreprise.
Phil Stasinski [00:03:53] L’entreprise installait ces magnifiques expositions d’objets anciens provenant de la collection historique de Bell Canada dans plusieurs de ses plus grands immeubles de bureaux. J’ai passé des heures à examiner les téléphones et les photos dans l’atrium du 483, rue Bay, à Toronto, qui était à l’époque le siège social de Bell Canada en Ontario.
Angela Misri [00:04:11] On pourrait penser que travailler chez Bell Canada finit tout simplement par faire ça à quelqu’un, mais c’était vraiment propre à Phil. Et Phil s’est rapidement intéressé autant à l’histoire du téléphone qu’aux appareils eux-mêmes, notamment à la façon dont les Canadiens sont passés d’une certaine résistance à cette nouvelle invention à une vie organisée autour d’elle.
Phil Stasinski [00:04:30] C’était effectivement une percée scientifique, mais à la fin des années 1870, alors que les compagnies de télégraphe dominaient vraiment les communications électroniques, le téléphone était d’abord considéré comme une sorte de nouveauté. Au départ, il n’y avait pas de réseau. Les téléphones étaient loués par paires, généralement à des entreprises. Par exemple, on pouvait ainsi communiquer entre l’atelier et le bureau, ou avec l’usine. Le téléphone s’adressait vraiment aux entreprises, et non au grand public.
Angela Misri [00:04:57] Et même les entreprises avaient besoin d’être convaincues.
Phil Stasinski [00:05:00] À l’époque, les entreprises avaient un peu tendance à penser que si quelque chose n’était pas écrit, ça n’avait pas eu lieu. Elles étaient donc très réticentes, au début, à utiliser le téléphone à des fins commerciales. Il a fallu un certain temps avant qu’il soit adopté. Et pour le grand public, au départ, c’était surtout une question de coût. À cette époque, les ménages ordinaires n’avaient pas les moyens de se payer un téléphone. Ce n’est que bien après le tournant du siècle que le téléphone a commencé à devenir un peu plus abordable.
Angela Misri [00:05:29] À mesure que de plus en plus de gens ont eu accès au téléphone, les réseaux se sont agrandis. Il est devenu beaucoup plus simple de faire un appel. Et chaque fois que la technologie progressait, une nouvelle génération de téléphones finissait par être oubliée. Mais pas par Phil.
Phil Stasinski [00:05:44] Ce qui me fascine vraiment, c’est l’aspect esthétique. J’admire le savoir-faire des tout premiers appareils. Ils étaient fabriqués à la main, sur un établi, dans de petites usines, avec des outils assez rudimentaires. Vous savez, c’était avant les techniques de production de masse à la chaîne. On était encore vraiment à l’époque des artisans. Puis, lorsqu’on arrive aux années 1930 et 1940, les téléphones de bureau de cette époque présentent un véritable souci de design industriel et d’ergonomie. Les palettes de couleurs vives étaient choisies pour s’harmoniser avec les goûts de l’époque en matière de décoration intérieure, et les enseignes en porcelaine et en émail ont un très grand attrait visuel. Je considère tous les objets de ma collection comme des œuvres d’art, un peu comme le ferait un collectionneur de tableaux ou de sculptures. Je les trouve tout simplement magnifiques, et c’est essentiellement pour ça que je les collectionne.
Angela Misri [00:06:35] Mais Phil ne ressent pas la même chose pour les téléphones qu’on transporte avec nous aujourd’hui.
Phil Stasinski [00:06:38] Pas du tout. C’est…........
