Est‑ce la fin du multilatéralisme ? Les organisations internationales, victimes collatérales de la guerre en Iran
La guerre en Iran met en évidence la faiblesse de l’ordre international fondé sur des règles, car elle démontre une fois de plus que les grandes puissances peuvent agir unilatéralement tout en paralysant les institutions censées garantir la sécurité collective. Le Conseil de sécurité de l’ONU apparaît incapable de réagir de manière équilibrée, notamment en raison du droit de veto et de doubles standards qui évitent de remettre en cause les actions des États-Unis et de leurs alliés. L’Union européenne, malgré son poids économique et diplomatique, reste marginalisée par ses divisions internes, sa dépendance sécuritaire envers Washington et son manque de volonté politique d’assumer un rôle géopolitique plus affirmé.
L’un des aspects les plus frappants de la guerre en Iran est la mesure dans laquelle elle a mis en évidence l’inefficacité des organisations internationales et des approches multilatérales pour résoudre les conflits mondiaux. Si nous considérons ce conflit comme un indicateur de la viabilité de l’ordre international fondé sur des règles établi après la Seconde Guerre mondiale, nous pouvons conclure que le patient présente un pouls très faible.
L’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne (UE) sont deux organisations qui incarnent l’ordre normatif mondial d’après 1945, un ordre fondé sur des principes tels que la règle de droit, la non-agression et le respect de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États souverains.
Ces principes, et les différentes organisations internationales qui les incarnent, sont parmi les premières victimes de la campagne militaire américano-israélienne. Comment en est-on arrivé là et que pourrait-on faire pour donner un nouveau souffle au multilatéralisme ?
Les Nations unies : une histoire de rivalité entre grandes puissances et de doubles standards
La guerre en Iran a clairement montré que le système de sécurité collective mis en place après 1945 est largement paralysé lorsqu’une grande puissance décide d’agir seule. Le Conseil de sécurité de l’ONU a été désigné comme le gardien de la paix et de la sécurité internationales, mais il a été paralysé par le droit de veto de ses membres permanents qui ont maintes fois utilisé leur influence pour protéger du regard international leurs propres actions et celles de leurs alliés.
Lorsque les États-Unis et Israël ont........
