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« Refuges climatiques » : pourquoi l’Espagne est déjà une référence mondiale en matière de lutte contre les chaleurs extrêmes

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22.06.2026

L’adaptation des villes aux chaleurs extrêmes est devenu une préoccupation majeure en matière d’aménagement urbain. Au-delà des transformations de fond, longues à mettre en œuvre, la création de réseaux de refuges climatiques permet d’offrir aux citadins qui en ont besoin des lieux où se rafraîchir et se reposer. L’Espagne est en pointe sur le sujet, et son approche fait des émules à l’international.

L’été 2025 a été le plus chaud jamais enregistré en Espagne et le deuxième en termes de mortalité attribuable à la chaleur : on estime à 15 711 le nombre de décès liés aux fortes températures (en France, l’été 2025 se classait troisième été le plus chaud depuis 1900, et 5 700 décès ont été attribués à la chaleur sur la période de surveillance, selon Santé publique France, NdT).

Face à cette réalité, une bibliothèque climatisée, un centre civique doté de fontaines à eau ou une école ouverte au public peuvent faire toute la différence. C’est précisément ce que sont, en substance, les « refuges climatiques » : des lieux où se mettre à l’abri des chaleurs extrêmes sans être dans l’obligation de consommer, de payer un droit d’entrée ou de justifier d’un quelconque besoin.

Les résultats de nos travaux, récemment publiés dans la revue Nature Climate Change, découlent précisément de ce constat : la chaleur n’est pas seulement une nuisance estivale, mais elle constitue un défi qui, pour être relevé, nécessite de mettre en place des réponses à la fois climatiques, sanitaires et de gouvernance. Or, l’Espagne a été l’un des premiers pays à concrétiser cette idée en la transformant en une politique d’urbanisme pérenne.

Barcelone, à la pointe de l’exemple

La ville de Barcelone est une ville pionnière en la matière. Plutôt que mettre en place de grands centres de rafraîchissement pour les cas d’urgence, ses responsables ont entrepris de s’appuyer sur un maillage de lieux préexistants et de les adapter pour qu’ils deviennent des endroits de confort thermique : bibliothèques, centres civiques (les centres civiques sont des infrastructures culturelles barcelonaises, sortes de centres culturels polyvalents, NdT), écoles, marchés, complexes sportifs et parcs… Ce faisant, les refuges climatiques, initialement conçus comme une réponse improvisée, sont devenus des infrastructures publiques de soin.

Le résultat a été remarquable : le réseau barcelonais est passé de........

© The Conversation