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L’abattage religieux suscite la controverse. Mais la souffrance animale est aussi présente dans les abattoirs conventionnels

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09.02.2026

Partout dans le monde, la pratique de l’abattage rituel est scrutée à la loupe. Au cours des dernières années, plusieurs pays européens — dont la Belgique, les Pays-Bas, la Suède, la Finlande, la Slovénie et le Danemark — ont adopté des lois exigeant l’étourdissement des animaux avant leur mise à mort, y compris dans le cadre de l’abattage casher et halal. Plus récemment, la France a connu une vive controverse autour de l’expansion des options halal dans les chaînes de restauration rapide.

Au Canada, un programme fédéral de 25 millions de dollars visant à soutenir la résilience et la productivité des secteurs casher et halal a provoqué le dépôt d’une pétition à la Chambre des communes réclamant son annulation. Par ailleurs, au Québec, le projet de loi sur la laïcité (projet de loi 9) prévoit de nouvelles règles interdisant aux institutions publiques d’offrir des menus exclusivement conformes à des prescriptions religieuses.

Ces controverses montrent que l’abattage rituel est à l’épicentre de tensions sociales et culturelles. Pourtant, une grande partie du débat fait abstraction des données empiriques sur les pratiques quotidiennes dans les abattoirs canadiens et sur la manière dont l’abattage rituel se compare à la production de viande conventionnelle.

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Le Règlement sur la salubrité des aliments au Canada établit les exigences relatives à la manipulation sans cruauté des animaux destinés à l’alimentation dans les abattoirs sous inspection fédérale. Il prévoit que tous les animaux doivent être rendus inconscients avant d’être saignés.

Une exception existe toutefois pour l’abattage rituel. Dans les pratiques casher et halal, les animaux doivent être conscients au moment de l’incision, laquelle consiste en une coupure continue et fluide au niveau du cou visant à provoquer une saignée rapide et complète pour le rendre inconscient en quelques secondes. Le règlement autorise ainsi l’abattage sans étourdissement préalable lorsqu’il est effectué conformément aux exigences du judaïsme ou de l’islam.

Dans des conditions idéales, l’étourdissement réduit la souffrance animale. Mais ces conditions sont souvent........

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