Au football ou en entreprise, compter trop de stars dans son équipe peut nuire à la performance collective
Au football ou en entreprise, compter trop de stars dans son équipe peut nuire à la performance collective
Et si le succès en football dépendait moins de la présence des joueurs vedettes que de la mise en place de conditions propices à un collectif fort? C'est la leçon tirée d'une étude portant sur la science des passes. La Coupe du monde 2026 nous donnera peut-être une nouvelle occasion de le vérifier.
Temps de lecture: 5 minutes
Par Mehdi Bagherzadeh, Fabio Fonti
2 juillet 2026 à 19h55
Avec un collectif composé de stars, l'équipe de France masculine de football aura-t-elle moins de chance de remporter la Coupe du monde 2026 que des équipes avec un collectif plus fort, organisées autour de joueurs moins célèbres?
Car après des «années de galère et de combat», le Paris Saint-Germain (PSG) a remporté la Ligue des champions de l'UEFA lors de la saison 2024-2025, à la suite du départ de Lionel Messi, Neymar da Silva Santos Júnior et Kylian Mbappé, trois des meilleurs footballeurs du monde, avant de conserver le titre européen cette saison. À maintes reprises, le monde du football a démontré à quel point des équipes très talentueuses peuvent décevoir, tandis que des équipes moins bien dotées dépassent souvent les attentes.
Nos recherches récentes remettent en cause l'idée reçue selon laquelle, en matière de stars, «en compter plus, c'est toujours mieux». En croisant les données de 1.750 matchs de 91 équipes dans les cinq principales ligues masculines européennes de football lors de la saison 2017-2018, nous avons montré que la relation entre la proportion de joueurs vedettes et la performance de l'équipe dessine un U inversé. Au-delà d'un certain seuil, chaque star supplémentaire réduit la probabilité de victoire. Notre point de basculement: 60% de stars dans l'effectif. Au-delà, la performance commence à décliner.
Dans notre étude, un joueur est considéré comme «vedette» s'il obtient une note «FIFA video game» moyenne ≥ 80/100 sur trois saisons consécutives. Ce seuil correspond aux 1% les plus élevés parmi les 29.869 joueurs répertoriés dans la base de données et à seulement 10% des joueurs des cinq ligues étudiées. En matière de coût, leur valeur médiane de marché atteint 17,4 millions d'euros, contre 2,1 millions........
