«Si j'avais vécu à cette époque, j'aurais pu disparaître»: en Argentine, la jeunesse reprend la lutte contre l'oubli
«Si j'avais vécu à cette époque, j'aurais pu disparaître»: en Argentine, la jeunesse reprend la lutte contre l'oubli
[Épisode 3/3] Des militants de tout âge reprennent la lutte pour que jamais la mémoire ne meure. Avec la disparition progressive des Mères, leur combat change de mains. Une dernière question se pose: une mémoire peut-elle rester vivante quand ceux qui l'ont portée depuis l'origine ne sont plus là?
Temps de lecture: 3 minutes
1er octobre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
Une canne ornée d'un ruban aux couleurs du drapeau argentin à la main, la militante octogénaire Ana Paula Balacrini, s'avance gaiement sur la place de Mai. Ses yeux bleus perçants cherchent ses compagnons du jeudi, ceux avec qui elle marche depuis plus de quinze ans, ceux qui désormais sont des amis. Dans sa grande maison à 15 kilomètres de la capitale, on trouve une pièce dédiée à l'histoire de ces femmes.
«Tous ceux qui viennent à la maison, je leur parle. Je leur raconte. Les amis de mes enfants, de mes petits-enfants. Tout le monde.» Bavarde au grand cœur, son combat ne se limite pas aux quatre murs de son logement: Ana Paula est reine en matière de transmission. Partout où elle va, elle raconte l'histoire des mères à qui veut bien l'écouter, même si la jeunesse est son public favori. «Je parle souvent avec les jeunes: par exemple au club de football de mon petit-fils.» Fièrement, elle sort........
