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Folk horror: pourquoi ce sous-genre du cinéma d'horreur venu d'Angleterre ne s'impose t-il pas en France?

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01.09.2026

Folk horror: pourquoi ce sous-genre du cinéma d'horreur venu d'Angleterre ne s'impose t-il pas en France?

Le Royaume-Uni a donné naissance aux œuvres fondatrices du folk horror, de «The Wicker Man» à «Kill List». Malgré ses mégalithes, ses légendes et ses traditions régionales, la France est restée en marge de ce genre fascinant. Une différence qui en dit long sur le rapport des deux pays à leur histoire.

Temps de lecture: 7 minutes

1er septembre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel

Dans son ouvrage Finding Albion (Hodder Press, 2026), Zakia Sewell se lance à la recherche de ce qui constitue pour elle une Grande-Bretagne alternative, la fameuse «Albion», nourrie de mythes, de légendes et de folklore, et toujours bien vivante aujourd'hui.

Elle résume ainsi sa quête: «J'ai développé une sorte d'obsession: pour les étranges mythes et légendes d'un passé lointain; pour les cercles de pierres et les mégalithes qui parsèment le paysage; pour les récits de rites païens transmis par nos ancêtres; et pour les coutumes populaires insolites qui célèbrent les cycles des saisons et du soleil. À mes yeux, ces récits, ces chansons et ces coutumes –que l'on peut tous regrouper de manière assez large sous l'appellation de “culture populaire”– incarnent l'esprit même d'Albion; ils évoquent une “autre” Grande-Bretagne.»

Popularisé à la fin des années 1960 et au début des années 1970 par plusieurs films britanniques aujourd'hui cultes, le sous-genre horrifique baptisé «folk horror» est un descendant direct de cette «culture populaire» ou «folk culture», et connaît depuis les années 2010 une résurgence qui tient du raz-de-marée. Porté par des films à succès comme The Witch (2015) ou Midsommar (2019), ce créneau d'une richesse rare puise sa source dans le folklore rural tout en échappant à une catégorisation réductrice: rituels occultes, survivance du passé, communautés isolées, divinités anciennes, les thématiques abordées sont multiples.

Dans sa chronique pour Libération du documentaire-somme consacré au sujet, Woodlands Dark and Days Bewitched (2021), Lelo Jimmy Batista considère d'ailleurs que le folk horror repose «moins sur une esthétique que sur un fascinant jeu de tensions –entre passé/présent, moderne/ancien, urbain/rural, évolué/primitif– qui lui permet de soulever nombre de questions culturelles, politiques et sociales».

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Le documentaire, s'il prend soin d'observer les manifestations de folk horror dans la production culturelle mondiale, se concentre toutefois sur sa prédominance britannique. C'est en effet du Royaume-Uni que nous est parvenue l'immense majorité des œuvres canoniques du genre, de la fameuse trilogie fondatrice –Witchfinder General (1968), The Blood on Satan's Claw (1971) et The Wicker Man (1973)– aux œuvres plus récentes comme celles de Ben Wheatley –Kill List (2011), A Field in England (2013) et In the Earth (2021).

En France… c'est plus compliqué. Si la réécriture de l'histoire de la bête du Gévaudan, le Pacte des Loups (2001), est citée par les amateurs du genre, «l'horreur folklorique» ne semble pas intéresser cinéastes et écrivains. Les vallées du Yorkshire seraient-elles infiniment plus à même........

© Slate