Mouvement lycéen : "Il faut savoir regarder cette jeunesse dans les yeux et lui dire la vérité"
Le 21 septembre, des élèves du lycée Saint-Exupéry de Créteil bloquent leur établissement parce que des postes d’enseignants n’y sont pas pourvus. Quelques jours plus tard, le mouvement de blocage a affecté tous les territoires de notre pays. Le nombre de blessés se compte en centaines en l’espace de quelques jours, mêlant manifestants, forces de l’ordre et personnels de l’Éducation nationale.
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Ce mouvement de très large ampleur, rejoint par une part substantielle du corps enseignant comme du monde étudiant, accompagné d’un niveau inédit de violences physiques, porte des revendications diffuses qui forment toutes ensemble le cœur d’un puissant malaise qui traverse le monde éducatif depuis longtemps et à bas bruit. Elles mêlent les difficultés de recrutement, les questions de ressources humaines qui aboutissent aux non-remplacements, l’état du bâti scolaire. Elles rappellent les effets pervers de la réforme du baccalauréat qui morcelle les classes selon les spécialités et transforme, pour les personnels de direction, les emplois du temps en véritable casse-tête. Aussi, la précision du maillage territorial a de quoi étonner : tous les départements ont été touchés, ce qui rend d’ailleurs peu adéquates les mises en cause de telle ou telle collectivité.
On voit des interrogations diverses, parfois opposées : une dimension tournée vers le passé – « dans quelles conditions les adultes comptent-ils nous transmettre un monde commun, de connaissances et de culture, qui nous précède ? » – et une dimension tournée........
