"La formation à l’esprit critique et la valorisation de l’effort n'intéressent plus l'Éducation nationale"
On peut toujours compter sur l’Éducation nationale pour, au choix, nous divertir ou nous accabler. Surtout quand elle est amenée à présenter des réformes et donc à en dévoiler, un peu, le contenu. Après celle de l’épreuve de mathématiques du brevet des collèges dont il a été question dans Marianne, c’est au tour de la nouvelle épreuve de mathématiques de première qui sera passée en juin prochain d’être précédée par la publication de « sujets 0 » destinés à la préparation des candidats.
Les calculatrices sont interdites pour cette épreuve, ce dont on ne peut que se féliciter. Mais, comme il ne faut pas effrayer les lycéens, cette interdiction est accompagnée d’encadrés intitulés « aide au calcul ».
Allègre et la dévaluation des maths
Dans l’épreuve destinée aux élèves ayant choisi la « spécialité mathématiques », on trouve celui-ci :
À première vue il est étonnant qu’on puisse supposer qu’un élève de première « spécialiste » des mathématiques ait besoin d’une « aide au calcul » pour multiplier 2,4 par 5, c’est-à-dire effectuer (de tête ou, au pire, au brouillon) une opération du niveau CM2. Une opération que tous mes ancêtres paysans creusois auraient faite en quelques secondes, eux qui n’avaient pas eu la chance de fréquenter l’école au-delà du primaire.
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En 1999, l’inénarrable Claude Allègre, alors ministre de l’Éducation nationale, déclarait : « Les mathématiques sont en train de se dévaluer de manière quasi inéluctable. Désormais, il y a des machines pour faire les calculs. » Un quart de siècle plus tard, après la « révolution numérique » et........
