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François Euvé : « La foi n’est pas une adhésion froide à un catalogue de vérités »

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10.05.2026

Le père jésuite François Euvé est, depuis 2013, à la tête de la revue Études, fondée en 1856 par les religieux disciples d’Ignace de Loyola. L’auguste maison se déploie au cœur de la vie des idées depuis 170 ans, et prépare pour septembre une nouvelle formule afin de fêter dignement cet anniversaire.

Physicien de formation, François Euvé est aussi un théologien affûté, comme il le prouve dans son nouvel ouvrage, dont le titre est en soi tout un programme : Croire au XXIe siècle. La foi catholique face aux défis contemporains (Mame). François Euvé en dit plus au Point, et tire le bilan, un an après, de la disparition du pape François – jésuite comme lui – et de l’élection de l’Américain Robert Francis Prevost.

Le Point : Pour rebondir sur le titre de votre livre, comment peut-on encore croire aujourd’hui en France ?

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François Euvé : C’est une question que beaucoup d’entre nous se posent. Dans un pays sécularisé comme la France, où la connaissance et la pratique religieuse continuent de baisser, il y a bien une vague de baptêmes d’adultes mais elle ne compense pas l’érosion globale, on constate un intérêt croissant pour les questions métaphysiques et la quête de sens. On voit bien que le thème de la spiritualité fait son grand retour. On sent moins de frilosité à l’égard de ces grandes questions qu’il y a vingt ans ; nous n’évoluons plus dans un environnement platement matérialiste. Ces interrogations ne mènent pas forcément à une conversion au christianisme, mais elles sont le signe d’un besoin de transcendance. Pour moi, « croire » ne signifie pas d’abord adhérer à une doctrine. Ce qui est à l’œuvre est de l’ordre de la confiance dans une instance qui nous dépasse. Étymologiquement, croire vient du latin credere (donner crédit, faire confiance) et foi vient de fides (fidélité). Cet enjeu de la relation et de la confiance me semble une quête très contemporaine.

À quoi le percevez-vous ?

À travers des conversations, des lectures et des enquêtes d’opinion. Je pense notamment aux travaux des historiens Charles Mercier et Philippe Portier........

© Le Point