Esclavage arabe : Ibrahim Traoré brise le grand tabou africain
Béret rouge et tenue de combat, il représentait l’image un peu clichée du putschiste parfait dans un pays africain sans démocratie espérée. Il devient désormais l’objet d’un débat vif, via réseaux sociaux et clergé religieux, dans plusieurs pays arabes, selon des journaux de cette aire. C’est le président Ibrahim Traoré, à la tête de la transition depuis le coup d’État de septembre 2022 au Burkina Faso.
Ce petit pays enclavé d’Afrique de l’Ouest, coincé entre le Mali, le Niger, le Ghana et la Côte d’Ivoire, reste l’un des plus pauvres du monde, secoué par des insurrections djihadistes. Dans un discours diffusé par la télévision nationale, en français, puis relayé sur les réseaux sociaux, Ibrahim Traoré revient sur un tabou en Afrique : le lourd passif de « l’esclavagisme arabe » dans le continent.
Il prononce la harangue en juillet 2026, au moment où il se pose en défenseur d’une souveraineté totale du Burkina face aux influences étrangères, occidentales ou arabes. Le sujet, si rare, mérite qu’on s’y arrête. Que dit le militaire numéro un de ce pays ? En voici le verbatim au ton oral et désordonné :
« Si on cherche à nous exterminer depuis leur temps, est-ce que vous êtes conscient de ça ? Les gens sont venus, d’abord les conquêtes arabo-musulmanes, ça fait plus de mille et quelques ans d’esclavage en Afrique […] On a fait plus de mille ans d’esclavage avec les Arabes. Et le dernier marché d’esclaves a fermé, c’était en Médine en 1962. […] Et là on castrait les hommes, […] pour qu’ils n’enfantent pas. […] Les Occidentaux sont venus pendant 400 ans nous déporter à leur travail, nous tuer de toutes les manières possibles. […] Tellement ils nous ont traumatisés, barbarisés, que nous-mêmes on les aime maintenant, on les aime plus que nous-mêmes. C’est ça le syndrome de Stockholm dont je parlais. C’est ça le problème ».
La mémoire que personne ne veut rouvrir
Le propos est explosif, mais pas en........
