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Votre salon, pire que la prison?

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16.03.2026

Vous êtes tannés de voir des bandits qui ont commis des crimes graves purger des peines à domicile, les deux pieds sur le pouf ?

Vous trouvez qu’ils s’en tirent trop bien, que notre système de justice devrait être plus sévère ?

Eh bien, vous n’avez rien compris !

Sachez que c’est plus dur d’être enfermé chez soi que d’aller en prison.

On devrait plaindre tous les criminels qui ont reçu des peines Netflix.

Une sentence « contraignante »?

Ce n’est pas moi qui dis ça, c’est un juge.

L’honorable Marc-André Dagenais.

La semaine dernière, au palais de justice de Laval, ce magistrat a condamné un ancien infirmier auxiliaire, reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement trois collègues d’un CHSLD, à 18 mois de prison à la maison et à 240 heures de travaux communautaires.

Afin de rassurer les victimes, qui trouvaient la sentence trop légère pour la gravité des crimes commis, le juge Dagenais leur a dit que 40 heures de travaux communautaires équivalaient à... un mois de prison !

« C’est une mesure extrêmement contraignante », a expliqué le juge. « 240 heures de travaux communautaires, ce n’est pas rien. C’est six semaines de travail ! L’équivalent de six mois de prison ! »

Travailler pendant une semaine, c’est comme passer un mois en prison ?

Cibole ! Ils les font travailler où, les prisonniers ?

Dans une mine de charbon ?

Ils doivent nettoyer des fosses septiques à mains nues en pleine canicule ?

Ils passent leurs journées à casser des pierres avec une pioche, comme dans les films de prison des années 30? Avec des chaînes attachées aux mollets ?

Je ne sais pas où vit ce juge, mais s’il pense que c’est plus dur de purger une peine à la maison que dans une prison, il devrait peut-être déménager !

À moins que nos prisons ressemblent à des hôtels.

Ils ont un frigo dans leur cellule ?

Un divan, un système de son, une télé plasma, un ordi ?

Et un bar bien garni, avec deux bouteilles de Beefeater ?

700 agresseurs dans leur salon

La prochaine fois que vous entendrez qu’un agresseur sexuel est condamné à regarder la télé chez lui, sautez de joie et dites-vous que notre système de justice est hyper-sévère !

Imaginez ! Le gars aurait pu aller se la couler douce en prison !

Au lieu de ça, il dort dans son lit !

Et il doit se réveiller le matin pour effectuer de lourds travaux communautaires !

Préparer des repas pour un OBNL, tondre des pelouses, racler des feuilles !

Parlez-moi d’une sentence lourde !

En avril 2025, on apprenait que, grâce à la loi C-5 adoptée par le gouvernement Trudeau (avec l’aide du NPD et... du Bloc Québécois, oui madame), plus de 700 agresseurs sexuels avaient été condamnés à purger leur peine à la maison en 2023 et en 2024 !

J’imagine que le juge Dagenais trouve que c’est une bonne nouvelle.

La preuve qu’au Canada et au Québec, on serre la vis aux criminels !

Que les maniaques se le tiennent pour dit : pensez-y à deux fois avant d’agresser quelqu’un !

Vous risquez d’être condamnés à passer le balai pendant six semaines dans une cuisine communautaire !

À quand un remake de Dirty Harry avec la maman de Caillou dans le rôle de Clint Eastwood ?


© Le Journal de Montréal