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La technocrate et le populiste

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Au-delà de leurs propositions respectives, Christine Fréchette et Bernard Drainville, qui s’affrontent à la chefferie de la CAQ, témoignent surtout de deux manières de faire de la politique fondamentalement contradictoires – du moins, en apparence.

Christine Fréchette se présente à tous comme une technocrate douée – c’est son label.

Elle veut avoir l’air raisonnable, pondérée, au risque de sembler beige et d’endormir ceux qui l’écoutent. Évidemment, elle attire tous ceux qui croient devoir parler le langage de la technocratie pour l’emporter.

Bernard Drainville, lui, propose autre chose.

On a souvent rappelé, dans cette course, que les idées du Bernard Drainville de 2026 ne ressemblent pas vraiment à celles du Bernard Drainville de ses premières années caquistes, qui ne ressemblaient pas non plus à celles du Bernard péquiste.

Souvent, Bernard varie, bien fou qui s’y fie !

Il y a toutefois une constante chez lui : le style. Bernard Drainville s’est toujours voulu, quelle que soit sa position, l’homme du gros bon sens. Il parle avec un mélange d’exaspération, de révolte et de sentimentalisme. Il dose les ingrédients différemment selon les circonstances.

C’est à la fois sa force et sa faiblesse.

D’un côté, il sait, lui, que la politique ne s’adresse pas à des robots bureaucratiques, que les citoyens ont des passions, que ce ne sont pas que des colonnes de statistiques.

Cela lui permet de capter l’imaginaire.

Il n’a jamais été aussi remarquable qu’au moment de la Charte des valeurs québécoises. Il fut même, à cette époque, brillant et courageux.

Je ne suis pas de ceux qui maudissent le populisme : quand le gouvernement des juges écrase tout, le populisme est un réflexe salutaire. Il s’agit même d’une insurrection démocratique.

Mais le style sans le fond tourne à vide, et c’est le drame de Bernard Drainville de manquer de cap idéologique.

Il est à droite aujourd’hui, mais que sera-t-il demain ?


© Le Journal de Montréal