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Une enfance falsifiée

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11.07.2026

Il y a des erreurs qui fragilisent un dossier, des négligences qui blessent une famille, puis il y a des gestes qui atteignent quelque chose de plus profond, parce qu’ils ébranlent la confiance même que nous plaçons dans nos institutions.

Lorsqu’un rapport de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) est modifié avant d’être présenté au tribunal, lorsqu’on retire des éléments favorables à un parent, ce n’est pas seulement une faute administrative, c’est une atteinte directe à la vérité judiciaire.

La DPJ intervient dans les moments les plus délicats de la vie d’une famille. Elle entre là où tout est fragile, évalue la sécurité des enfants, les capacités des parents, les risques, les besoins, les liens, les blessures et parfois les espoirs de retour. Elle peut recommander qu’un enfant demeure auprès de ses parents, qu’il soit confié à un proche, placé en famille d’accueil ou orienté vers un autre projet de vie. Aucun pouvoir n’est plus intime. Aucun rapport ne devrait donc être plus rigoureux.

Dans un dossier récemment rapporté par Le Soleil, une mère aurait constaté devant le tribunal que le rapport présenté par la DPJ n’était pas celui qui lui avait d’abord été transmis, des passages favorables ayant disparu. Ces passages n’étaient pas de simples détails. Dans une cause en protection de la jeunesse, chaque mot peut peser lourd. Une nuance peut influencer la perception d’un juge, un élément favorable peut faire comprendre un parcours, un effort, un progrès. Une omission peut changer la trajectoire........

© Le Devoir