L’éviction comme modèle financier
Le 1er juillet, au Québec, est souvent présenté comme une tradition. La « fête du déménagement » fait partie de notre imaginaire collectif : camions de location, boîtes sur les trottoirs, voisins qui s’entraident. Pourtant, derrière ce folklore se cache une réalité plus brutale : pour un nombre croissant de locataires, déménager n’est pas un choix, mais l’issue d’un processus économique où l’éviction est devenue un levier de rentabilité.
C’est là l’un des angles morts de la crise du logement.
Nous parlons de pénurie, d’abordabilité et de construction. Nous parlons beaucoup moins de la financiarisation du parc locatif existant et du rôle central qu’y jouent les banques. Or c’est précisément là qu’il faut regarder.
Depuis plus d’un an, j’observe de près plusieurs dossiers d’éviction à Montréal. Dans l’un d’eux, au Centre-Sud, un 6-plex vendu au printemps 2025 illustre cette mécanique. Sur six logements, quatre ont déjà été libérés. Deux locataires résistent encore devant le Tribunal administratif du logement (TAL). Parmi eux, une famille monoparentale immigrante.
Ce cas n’a rien d’exceptionnel. Il est révélateur.........
