Le 400 mètres haies géopolitique des marchés
J’ai rencontré la semaine dernière Matt Gertken, responsable de la recherche sur les risques macroéconomiques et géopolitiques chez BCA Research, firme montréalaise fondée en 1949. Entre la guerre en Iran, une impasse ukrainienne qui se fissure, une nouvelle salve de tarifs américains et des élections de mi-mandat dans quelques semaines, les marchés financiers pourraient-ils dérailler ? Pour Gertken, la mondialisation a amorcé son déclin sans disparaître pour autant. La sécurité l’emporte désormais sur l’efficacité, et chaque pays doit connaître ses goulots d’étranglement économiques, qu’il s’agisse d’Ormuz pour le pétrole, de Taïwan pour les semi-conducteurs ou de l’Ukraine pour le blé.
Selon lui, l’investisseur est souvent obnubilé par le prix du pétrole. Même si la corrélation entre le brut et le rendement des obligations américaines à dix ans n’a pas été aussi étroite depuis des décennies, il nous invite à nous méfier, car les deux variables sont susceptibles d’être influencées par la même incohérence géopolitique, plutôt que s’influencer l’un et l’autre. Un baril entre 90 et 100 dollars américains est déjà largement intégré dans les rendements. Pour faire progresser le taux à dix ans vers 6 %, il faudrait un nouveau facteur, soit une véritable accélération des salaires et de l’inflation du logement.
Or, ni l’un ni l’autre ne bouge actuellement. Le marché du travail est en équilibre, la syndicalisation est faible, et l’intelligence artificielle comme........
