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Chronique | La chronique qui ne sera pas publiée

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29.06.2026

Je l’avais écrite d’un seul jet. Assise sur le canapé du salon, aux côtés de ma fille qui lisait ; dans la posture habituelle, donc, où je rédige presque chacune des chroniques. Certaines personnes ont besoin de s’isoler pour écrire, de se terrer au creux des bois ou de s’imaginer loin sur les terrasses des grandes villes. Moi, pour écrire, je n’ai souvent besoin que d’un coussin posé sur les genoux, pour surélever le clavier, afin de ne pas blesser ce dos qui commence à en avoir vu d’autres, d’écouteurs glissés dans mes oreilles, qui rythmeront la parole en soutenant la danse des doigts sur le clavier, tout en coupant un peu le bruit de la maisonnée. Il me suffit donc de très peu, de ces deux ou trois aménagements, pour que, déjà, je me sente dans cette petite maison de moi d’où les mots pleuvent. Et cette fois-là, ô oui, ils avaient plu, les mots comme les larmes.

Je pleure souvent en écrivant. Oui, je fais partie de ces personnes chanceuses pour qui il s’agit bel et bien d’une thérapie que d’écrire. Je dirais même que ce canal agit pour moi d’une manière plus puissante que toutes ces années passées sur un divan, en tout respect pour mes collègues de divan, et spécialement pour ces quelques psys qui auront eu à endurer mon flot pendant des années.

J’ai pleuré beaucoup en rédigeant cette chronique qui a coulé d’un seul jet, mais qui ne sera jamais publiée, non.

Ce ne sera pas cette chronique-là que vous lirez. Parce qu’elle était écrite avec mes larmes de rage et que, ces larmes-là, j’ai finalement décidé d’en user autrement.

Pas par pudeur, non. C’est rarement ce qui me retient, vous le savez bien, vous qui commencez sérieusement à me connaître presque davantage que mes psys. Ni même pas préservation d’un climat social ou encore par alignement sur mon code de........

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