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Ce que nous enseigne l’histoire de l’orthographe

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20.07.2025

Le temps doux ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue, avec pour guide la professeure Mireille Elchacar. La lexicologue québécoise vous invite à penser le français autrement dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique.

L’histoire de l’orthographe française nous enseigne que là où l’on imaginait une justification historique à telle règle, une explication logique à telle exception, il y a souvent des décisions arbitraires, des choix élitistes, voire des erreurs.

C’est le cas des lettres étymologiques, aussi appelées lettres parasites tant leur effet perturbateur est grand. Au XVIe siècle, on ajoute des lettres à certains mots français pour rappeler l’étymon latin. « Cors » devient « corps » : on ajoute le « p » pour rappeler le latin corpus. « Doit » devient « doigt », le « g » venant du latin digitum. Ces lettres n’ont jamais été prononcées en français.

Le linguiste québécois Jacques Leclerc explique qu’elles accordent du prestige au français… et peut-être aux copistes. « Rendre l’écriture technique grâce à la connaissance du latin, c’est, d’une part, une façon pour les scribes d’affirmer leur érudition et c’est, d’autre part, une manière efficace d’augmenter leurs émoluments, étant donné qu’ils sont payés à la ligne d’après un taux officiel » (cette dernière piste n’est pas incontestée).

Non seulement ceci éloigne davantage l’oral de l’écrit, mais qui plus est, des fautes sont introduites. On ajoute un « d » à « poids » parce qu’on croit qu’il vient de pondus, alors qu’il vient de pensum ; « lais » devient « legs » en référence au latin........

© Le Devoir