Idées|Les 12 travaux de Paul St-Pierre Plamondon en relations internationales Michel Audet
La politique internationale. La politique « Un Québec fiable dans un monde en bouleversement » a été dévoilée en désespoir de cause en juin dernier par le gouvernement sortant. Une des pièces maîtresses qui a influencé cet énoncé est le rapport du Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec de 2024, qui établissait des pistes pour pousser encore plus loin la portée de la doctrine Gérin-Lajoie. Autonomiste et centrée sur l’intérêt national du Québec, cette politique est le résultat de deux années de travail colossal, de consultation et de réflexion.
Les représentants du Québec à l’international souhaiteront-ils faire le même exercice une autre fois ? Que fera un gouvernement péquiste minoritaire de cette politique ? La tabletter, la modifier ou en développer une nouvelle qui sera un jalon vers la souveraineté et qui respectera ses engagements de doubler la présence du Québec à l’étranger. Comment et à quelle hauteur une nouvelle politique internationale sera-t-elle financée, dans le contexte où, traditionnellement, les relations internationales ont souvent été les premières victimes des actions d’austérité ou de rigueur budgétaire ?
Rappelons que le gouvernement Marois s’était accommodé de la politique internationale des libéraux en 2012 pendant leur mandat minoritaire.
La priorité à la diplomatie politique. La diplomatie dans son sens noble est d’abord et avant tout un geste politique avant d’être un geste économique. Le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) en fera une priorité, contrairement au gouvernement caquiste qui avait mobilisé les acteurs québécois autour de la diplomatie économique. L’ambition et le projet politique d’un gouvernement péquiste vont percoler dans les grilles d’analyse, le positionnement géographique de notre diplomatie, les orientations données aux postes à l’étranger, les nominations du Conseil des ministres et aussi dans les nominations des diplomates.
La gouvernance de la politique. Une des faiblesses de l’action internationale du Québec est l’éparpillement. Les universités, les cégeps, les villes, les ministères et organismes sectoriels, Investissement Québec, La Caisse, le scientifique en chef, les ONG, les entreprises et l’Assemblée nationale mettent énormément d’énergie et de ressources dans leurs actions à l’international. Le gouvernement, par son ministère des Relations internationales et de la Francophonie, devra mieux coordonner l’action et gagnera à mobiliser tous ces acteurs afin de développer une vraie force de frappe, et ce, dans le respect de l’autonomie et de l’indépendance des acteurs.
La question de la reddition de comptes sera aussi au rendez-vous. Serons-nous témoins, enfin, d’une reddition de comptes de l’action internationale au Parlement par l’intermédiaire d’une commission parlementaire, comme on en voit dans tous les États qui se respectent ? Et pourquoi ne pas créer un conseil consultatif de haut niveau avec la société civile pour influencer les décisions du gouvernement en matière de relations internationales ?
L’engagement. Les gouvernements Charest, Marois et Couillard ont eu........
