Idées | L’élève de tout le monde — et de personne
Il y a un moment, vers 13 ou 14 ans, où tout s’embrase en même temps. Le corps change plus vite que les mots pour le dire. La place dans le groupe devient plus urgente que n’importe quelle note dans un cours. Les premières émotions amoureuses arrivent — puissantes, maladroites, sans mode d’emploi. L’ego est à vif. La honte parfois aussi. Le séisme de l’adolescence.
La Santé publique de Montréal le confirme : la violence augmente en milieu scolaire, particulièrement envers les filles. À Montréal, 41 % des élèves du secondaire disent vivre de la violence. Chez les filles, la courbe n’a cessé de monter depuis 2010. Chez les garçons, elle a globalement diminué. On s’en inquiète, on sensibilise.
Mais sensibiliser, ce n’est pas enseigner.
Sensibiliser : nommer ce qui est inacceptable, inviter un organisme, diffuser une vidéo. Nécessaire — insuffisant. Parce que nommer ce qui est interdit ne dit pas ce qui est attendu. Et entre les deux, il y a tout ce qu’on n’enseigne pas.
Le Québec vient de se doter d’un programme. Le cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) aborde dès la première année du secondaire notamment ces questions : la socialisation de genre, les stéréotypes liés à la féminité et à la masculinité. Il arrive au moment où les tensions entre les genres s’installent. Sauf en 3e secondaire, où le cours n’est pas prévu. Or, selon la Santé publique de Montréal, c’est en 2e et 3e secondaire que les........
