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La machine à fabriquer des romans

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monday

Le fait le plus instructif dans l’affaire Thélyson Orélien n’est ni la découverte du logiciel Pangram, qui fait désormais planer le soupçon sur « l’authenticité » de toute production écrite, ni l’apparente désorientation de ses éditeurs. Entre le 21 et le 27 septembre, semaine où ont éclaté les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle (IA) et où ont resurgi des plagiats massifs dans les anciens écrits et poèmes de l’auteur, C’était ça ou mourir s’est écoulé à 18 256 exemplaires en France et a pris la tête des ventes. Idem au Québec, où les ventes se sont poursuivies. La controverse n’a donc pas tari le désir du public de lire le roman. Elle semble même l’avoir, provisoirement, amplifié.

Cette situation a poussé critiques et commentateurs à se demander comment un texte potentiellement « algorithmique » a pu susciter un tel engouement. Et si son succès s’expliquait non pas malgré les traits souvent associés à l’écriture générative, mais plutôt en partie grâce à eux ?

Le débat sur l’origine robotique du roman de M. Orélien s’est jusqu’ici égaré dans une impasse. Le milieu de l’édition semble découvrir, avec une stupéfaction un peu naïve, que des programmes informatiques peuvent désormais produire de la prose. Quantité de tribunes éplorées s’interrogent depuis sur la « fin de l’auteur » et sur la singularité irréductible de la création littéraire, comme si les modèles génératifs étaient une énigme métaphysique plutôt qu’une technologie très largement accessible, entraînée à fabriquer des phrases et à ficeler des récits de façon redoutablement efficace, soit précisément ce que l’industrie du roman vend aux........

© Le Devoir