Chronique – Hockey|La «game» qui était devant nous Louis Hamelin
Mercredi soir, les Hurricanes ont eu besoin d’un peu moins de trois minutes pour couper les jambes du Canadien. Trois minutes, trois buts. C’est là que, pour le dire comme un partisan interrogé sur les ondes de TVA Sports et sans doute plus versé dans le vélo que dans le pédalage verbal d’après-match : « la chaîne a débarqué ».
À peine une heure plus tôt, j’avais ressenti comme une bouffée d’espoir lorsque mon ado m’avait mis au parfum de la rumeur qui circulait : St-Louis allait ramener le gros Xhekaj à la ligne bleue pour protéger le joyau de l’équipe, son avenir, sans parler d’un investissement de 70 800 000 $US (98 000 000 en devises canadiennes) : Lane Hutson, agile comme une ballerine du Bolchoï mais léger comme une plume. Sur le bout des orteils et après avoir ingurgité une grosse poutine Boogalou de la Banquise, ça lui prend tout pour faire ses cinq pieds neuf et ses cent soixante livres. Et ce jeune gars, en ce rude mois de mai, était le joueur le plus souvent mis en échec des séries ? Pensez-vous que les Bruins de la belle époque auraient laissé leurs adversaires bardasser Bobby Orr ?
Des esprits hardis allaient même jusqu’à évoquer la possibilité d’aligner Xhekaj à l’avant, où le Shérif n’aurait eu qu’à se planter dans la face du gardien et à bousculer tout ce qui bouge dans le demi-cercle en attendant d’hypothétiques tirs du Canadien. Après s’être fait complètement dominer sur le plan physique depuis deux matchs (88 mises en échec contre 34), Canadien n’avait-il pas le devoir d’injecter un peu de muscle dans sa formation ? St-Louis a préféré ramener la même équipe gentille sur la glace du Centre Bell, et le gardien Andersen,........
